Le chorégraphe londonien livre son ultime solo : il y incarne de manière saisissante l’effroi des combattants de la Première guerre mondiale originaires des empires coloniaux. C'était fin 2019, un dernier solo pour le danseur qui annonçait avec ce spectacle, la fin de sa carrière d'interprète.

 

Pendant la première guerre mondiale, quatre millions de soldats venus des colonies furent enrôlés par les armées européennes et américaines. Parmi eux, un million et demi d’Indiens se battirent et moururent en Europe, en Afrique ou au Moyen-Orient, arrachés à leur pays et à leur culture pour servir le mythe de l’Empire.

Akram Khan s’est plongé dans les archives de ces hommes qui firent la grande guerre à mains nues, creusant tranchées et tombes, chargeant les baïonnettes et tendant les barbelés. Dans un solo intensément terrien, accompagné par cinq musiciens live, il part de ces traces infimes et déchirantes pour affronter au corps à corps certaines questions que nous pose le monde contemporain : qui est « l’étranger », « l’autre » ? A-t-on le droit de raconter son histoire, pour l’empêcher de disparaître ? Qu’est-ce qu’être humain ? Le sommes-nous encore ?

Un retour organique à nos origines, par l’un des plus grands chorégraphes et danseurs internationaux.

Théâtre de La Villette

 

800 000

 

Le nombre de combattants indiens envoyés par l'empire Britannique, en Europe dans l’enfer des tranchées de 14-18 ou au Moyen-Orient.

Photos

Illustration : Xenos, Akram Khan Illustration : Xenos, Akram Khan Illustration : Xenos, Akram Khan