Classe à projet au Lycée Jean Joly

Ann O'Aro et Danyèl Waro accompagnent les élèves de l'option musique.

C'était ce mardi 15 décembre, de 12h00 à 14h00, qu'a eu lieu le concert des élèves "option musique" du lycée riviérois, fruit d'ateliers menés avec Ann O'Aro et Danyèl Waro.

Comme chaque année les TÉAT Réunion s'associent à des artistes locaux afin de proposer des ateliers artistiques en milieu scolaire. Pour l'année 2019/2020, Ann O'aro et Danyèl Waro ont exploré avec les élèves du lycée de La Rivière Saint-Louis, la diglossie créole et le maloya dans le cadre d'une classe à projet proposée en partenariat avec la Délégation académique à l'éducation artistique et à l'action culturelle.

Le dispositif prévoyait la venue des élèves au TÉAT Plein Air  pour le concert d'Ann O'aro et Danyèl Waro en février 2020, ainsi que l'intervention des artistes au sein de l'établissement, pour seize heures d'atelier. Objectifs : permettre aux élèves de rencontrer des artistes, de découvrir la culture réunionnaise et ses influences et leur proposer un cadre pour qu'eux-mêmes fassent l'expérience de la création et puissent appréhender l’ensemble du spectre des métiers de la musique.

Les bénéficiaires ont été les élèves inscrits en enseignement optionnel musique, discipline qui s’est développée depuis 2 ans au  lycée Jean Joly à La Rivière Saint-Louis. "Ces élèves viennent de tous niveaux, de la seconde à la terminale et sont environ une trentaine au total. L'option musique est ouverte à tous et connaît un réel succès... "

 

Rencontre avec Pascal Alletto, professeur de musique, qui a porté le projet au sein du lycée.

 

Comment s'est déroulée cette classe à projet ? Quels ont été vos axes de travail ?

Nous avons proposé aux élèves de s’approprier au moins une chanson des artistes en proposant un arrangement. Ils ont ensuite créé une chanson en créole, sur le thème de la liberté. Pour les accompagner dans ce processus, Ann O’Aro  nous a elle-même présenté 4 versions d’une même composition, faisant ainsi la démonstration aux élèves  que la recherche artistique est un travail de longue haleine. Elle leur a montré qu’il faut déconstruire l'idée de la "création parfaite » dès le début du processus. Lorsqu’on crée,  Il n’y a pas d’erreurs en soi, mais des étapes/idées inscrites au brouillon qui amènent progressivement au résultat final. Il s’agissait de réussir à désacraliser cette vision lisse de la musique et de la création, réussir à lâcher prise.

 

Quelle a été la réaction des élèves ?

Les élèves ont cette envie de créer mais ils n’ont pas les outils pour, ce qui est normal. Donc nous avons appris à utiliser des outils, à accepter l’avis de l’autre, la critique et tout ce qui compose le processus créatif. Ce qu'ils ont retenu de tout cela, c'est que le processus créatif n’est pas quelque chose d’immuable. C’est un parcours qui évolue continuellement.

Et sur la base de ce travail, nous avons travaillé pour concevoir et organiser un concert avec la participation de Ann O'aro et Maya Kamaty, qui était en quelque sorte une restitution de ce qui avait été étudié tout au long de l'année. Même s'il faut avouer que le COVID-19 nous a quelque peu compliqué la tâche en bousculant les plannings !

 

 

Comment s'est organisé ce concert ?

L'objectif était que chacun participe à la création de cet événement. En seconde on voit plutôt comment faire des arrangements, créer depuis l’existant, en première on passe à la création propre et enfin en terminale les élèves étudient également les métiers du son. Cette classe à projet et ce concert nous ont donc permis de mobiliser toutes les compétences que les élèves ont pu acquérir sur cette année scolaire 2019/2020, tous niveaux confondus.

Ce sont par exemple, les élèves de terminales qui ont géré la logistique et ils ont été très efficaces ! Ils se sont occupés du plan de salle, de l’ordre des musiques, se sont assurés au travers des horaires qu’un maximum de personnes puissent bénéficier du concert. Ils ont également fait la communication, ont créé les affiches, ont mis en place les mesures anti-COVID adéquates (désinfection du matériel, sens de circulation...), tout cela sous validation de la direction de l’établissement, bien entendu. Le but était vraiment qu’ils comprennent comment on construit un concert.

Je tiens d'ailleurs à les féliciter pour leurs actions car ils ont su, dans le cadre qui leur était proposé, faire des propositions intéressantes (gestion du plateau, placement du matériel…). Ils ont gagné en confiance et en assurance, ils ont appris les uns des autres et sont plus bienveillants envers eux-mêmes.

 

♦ Laya, Gabrielle et Maya Kamaty :

 

Nous nous sentons chanceux !

 

Les élèves, eux, reviennent avec enthousiasme sur cette aventure : « Nous nous sentons chanceux, ces échanges avec les artistes ont vraiment été enrichissants, ils sont très accessibles et nous inspirent beaucoup. Cela nous a demandé un sacré investissement mais quand on voit le résultat on se sent accompli et on y a pris beaucoup de plaisir ! ».

Une expérience qui semble donc avoir été plus que bénéfique pour ces artistes en devenir qui ont su développer de nombreux " softs skills ", très précieux pour l'avenir !

 

♦ Lena :

 

♦ Gabrielle :

 

♦ Laya et Maya Kamaty : 

Photos

Illustration :