Sous mes doigts le ciel

Avec la complicité de Vincent Fontano, une création en hommage aux brodeuses de Cilaos à découvrir le 27 septembre...

Avec Sous mes doigts le ciel, création à découvrir le 27 septembre en ouverture de la grande soirée symphonique dédiée à l'Orchestre de la Région Réunion, le dramaturge Vincent Fontano est allé, à la demande des TEAT, à la rencontre des dernières brodeuses de Cilaos...

Comment est née l’idée d’écrire sur les brodeuses de Cilaos ?

Les TÉAT souhaitaient depuis longtemps rendre hommage à ces dames, qui sont peut-être les dernières dépositaires d’un art souvent déconsidéré aujourd’hui : on peut entendre dire ici ou là que la broderie, ce n’est pas très intéressant, c’est dépassé, etc. C’était donc un travail de commande, mais avec une grande latitude sur l’angle.

Quel était ton état d’esprit en grimpant les lacets qui montent vers Cilaos ?

Je me suis lancé à leur rencontre avec d’autant plus de curiosité que j’avais déjà visité leur musée, à Cilaos, sans oser leur parler. J’avais été marqué par la minutie du travail, la finesse des objets. Je m’étais demandé comment c’était techniquement possible, et je m’étais aussi beaucoup interrogé sur la force du geste, qui m’a paru presque gratuit. Passer autant de temps – des heures, voire des jours – à fabriquer un simple dessous de verre, ça me semblait demander un engagement qui dépasse de beaucoup la valeur ou l’usage que l’on crée. Je me les figurais d’emblée comme des artistes.

Que retiens-tu de ces rencontres ?

De beaux portraits de dames. Des dames fières de ce qu’elles ont accompli, certaines ont même été reconnues Meilleure Ouvrière de France. Il faut considérer l’excellence technique que cela implique, le dévouement au travail et le niveau de reconnaissance acquis. Et en même temps, elles cultivent une grande humilité parce qu’il y a un décalage entre cette réalité et la manière dont elles sont perçues. Elles vivent avec l’inquiétude de voir leur tradition disparaître parce que personne, à La Réunion, ne s’y intéresse plus guère. Cette question de la reconnaissance du passé, de sa prise en compte, m’intéresse parce qu’elle traverse aussi mon rapport à la littérature.

Rendez-vous le 27 septembre au TEAT Champ Fleuri pour découvrir cette création inédite !

Photos

Illustration : brodeuses de Cilaos