" J'envisage le monde comme un atelier ! "

Rencontre avec Alice Aucuit, une artiste plasticienne et céramiste à retrouver à partir du 5 février dans la galerie du TÉAT Champ Fleuri.

Le festin nu  c'est le nom de l'exposition que nous accueillerons dans la galerie du TÉAT Champ Fleuri du 5 février au 26 mars 2021. Le vernissage aura lieu le vendredi 5 février à 19h00. Nous sommes allés à la rencontre de cette artiste aux multiples facettes qui tire ses inspirations du monde. Afin d'en savoir plus sur ses travaux nous lui avons posé 4 questions !

 

Pouvez-vous nous dire où vous travaillez au quotidien et depuis quand vous vous passionnez pour la céramique ? 

J’ai la chance d’avoir un bel atelier dans mon jardin dans le sud sur la Ligne paradis. Mais j’aime apprendre et créer ailleurs, j’envisage le monde comme un atelier.

J’ai vraiment commencé la céramique en 2000 en faisant mon DMA (Diplôme des Métiers d'Arts) à L’ENSAAMA à Paris (École Nationale Supérieure des Arts Appliqués et des Métiers d'Art, anciennement ENSA) après l’obtention d'un bac arts appliqués,  il y a donc plus de 20 ans.

 

D’où vous vient cette vocation, cette passion pour la céramique ?

 C’est un domaine très vaste avec une pratique et des techniques très variées que l’on transmet depuis la maîtrise du feu ! Plus je fais de la céramique et plus j’aime mon métier. Ses différents aspects: alchimique, artistique, cyclique, technique, théorique, historique… me permettent de développer l’intelligence de la main.

 

« Le festin nu », c'est intriguant comme titre. Vous pouvez nous en dire plus ?  

 C’est le titre d’un roman de William Burroughs qui m’a beaucoup marquée quand j’étais ado. «  Le festin nu »  d’après l’auteur c'est « cet instant pétrifié et glacé où chacun peut voir ce qui est piqué au bout de sa fourchette ». C’est un roman phare de la beat génération, il a une forme iconoclaste faite de « cut up » (collage) ou encore de visions délirantes et hallucinées. Il ne raconte pas d’histoire à proprement parler mais mixe plutôt une série de saynètes, d’épisodes à la fois trashs et poétiques. Burroughs a une approche très biologique des corps. L’installation que je propose est justement un assemblage entre une fin de repas, un champ fleuri et les sciences naturelles. 

 

Et si vous deviez choisir un mot pour définir votre exposition ? 

 Surréaliste !

 

Quelles sont vos inspirations, vos influences ? Avez-vous une œuvre ou un.e artiste incontournable que vous avez envie de nous faire découvrir ?

Je suis plutôt curieuse, tout peut devenir une source d’inspiration. Mais très souvent j’ai des références littéraires, un jeu de mot, un fait divers ou historique, l’histoire d’un lieu, une observation de la nature, du quotidien ou d’une personne… On peut dire que la condition humaine, les sciences, la nature et l’histoire sont mes sources d'inspiration.

Ce n'est pas facile de faire un choix, il y en a tellement d'artistes qui m'inspirent ! Du coup je vais donner la part belle aux femmes : Kara Walker, Mona Hatoum et Kiki Smith pour les contemporaines et Eva Hesse, Louise Bourgeois et Nikki de Saint Phalle pour les modernes. Je suis aussi souvent très très touchée par des oeuvres dite "brutes "ou « outsider » notamment l'incroyable Henri Darger et la troublante Judith Scott ; du coup je préconise le musée de l’art brut à Lausanne, La Halle Saint Pierre à Paris, la Chapelle la Misère à Saint-Gilles et le Palais Idéal du Facteur Cheval à Hauterives, dans la Drôme.

 

Une exposition haute en couleurs, en formes et en inspirations à retrouver au TÉAT Champ Fleuri dès le 5 février et jusqu'au 26 mars. Vernissage le vendredi 5 février à 19h, entrée libre.

 

Pour en savoir plus cliquez ici.

Photos

Illustration : Alice Aucuit