Näss, Cie Massala - Fouad Boussouf

Pour prolonger le spectacle...

La fièvre, l'engagement, la générosité, le talent étaient au rendez-vous ce vendredi 13 novembre pour la représentation de Näss, de la Compagnie Massala - Fouad Boussouf. Un spectacle qui a emporté le public, qui longtemps encore après avoir quitté la salle du TÉAT Champ Fleuri nous questionnait sur ce qu'ils avaient vu et entendu...
 
Vous retrouverez ci-dessous les éléments transmis par le chorégraphe.
 
Mahmouma (Tourmenté)
 
" Ô, mon frère ! La vie ici-bas est tourmentée
Oui elle est bien tourmentée
Les hommes ils sont accablés par l'adversité
Et les humains ils sont devenus de fervents censeurs
Le pauvre ne cesse d'endurer son malheur,
Noyé dans les eaux bouillantes de la rancoeur
Présumant de leur richesse certains aspirent à s’élever
Ils abandonnent le bon sens dans les cafés prohibés
Et errent à la recherche de soirée et nuit fastueuse
où les agneaux sont sacrifiés et les filles, amoureuses
il ne reste ni considération ni religion ni piété... "
 
Extrait de Kalma El Ghiwane - Traduction de Moustapha El Haffaoui - Édition UEM Casablanca 2007
 
« Le langage employé rappelait étrangement le langage médiéval appelé aussi langage des oiseaux, autrefois utilisé dans les textes traditionnels et les ouvrages alchimiques de la France médiévale et qui fut repris par la cabale. Langage secret réservé à la véritable élite de tous les temps, celle des érudits et non des possédants. C'est ce langage même qui fut perpétué par les trouvères et les ménestrels (à l'image des Ghiwane) qui, allant de château en château, transmettaient les vérités à qui était apte à les comprendre. En cela, ils englobaient harmonieusement les principes de la cabale et ceux du soufisme. Ce langage ouvre en nous des espaces qui résonnent bien au-delà de ce qui raisonne ; des espaces qui redonnent aux mots le souffle qui, de part en part, les traverses. »
Khalid Benslimane, le Hal ou la Transe cabalistique du phénomène « « El Ghiwane » 2004
 
« Rien d'électrique, pas de synthétiseur ni de guitare, pourtant, leur son était aussi puissant qu'une grande partie de la musique rock abondamment produite dans la même période (60’S). Je me suis plongé dans la musique des Näss El Ghiwane… Elle m'a ouvert les yeux et les oreilles, m’a inspiré, m’a ému et m'a transporté. Elle a rendu plus intense ma perception du mystère d'être vivant. »
Martin Scorsese, New York, 29 décembre 2010

 

Photos

Illustration : Boussouf