Sensibiliser aux violences faites aux femmes et aux féminicides

Avec la Délégation Régionale aux Droits des Femmes et à l'Egalité

Alors que la Galerie du TEAT Champ Fleuri accueille l'exposition de Camille Gharbi, Preuve(s) d'amour, dont le vernissage était prévu le samedi 8 février, nous avons souhaité amplifier notre engaement pour sensibiliser encore davantage le public sur le sujet majeur des violences faites aux femmes.

La salle Karo Kann du TEAT Champ Fleuri accueillait ce samedi 8 février, un événement peu habituel pour les TEAT : le comité de pilotage de la Direction Régionale aux Droits des Femmes et à l'Egalité (DRDFE).

A l'ordre du jour de cette réunion exceptionnelle, la remise d'un rapport sur les féminicides à La Réunion, commandé par le Département à l’Institut Régional du Travail Social et le Centre de Recherche Juridique de l’Université de La Réunion. Si nous avons souhaité nous associer à cet événement, c'est que notre saison s'ouvrait le jour même également avec le vernissage de l'exposition photographique, Preuves d'amour de Camille Gharbi, qui questionne de manière inédite les violences domestiques et particulièrement les féminicides.

Devant un public réunissant différents acteurs institutionnels et associatifs, les chercheurs sont donc venus restituer leurs travaux qui portaient tant sur les aspects juridiques que sociaux de ces drames. ils ont pour cela travaillé sur toutes les affaires de féminicides conjugaux, jugées aux Assises entre 2006 et 2019.

 

49 féminicides ont eu lieu en 12 ans

 

 

Ce chiffre constitue un triste record qui place notre île en 3ème position au niveau national, même si aucune femme n’a succombé aux coups de son conjoint en 2019 à La Réunion….

Durée de la relation, statut conjugal, âge, contexte d'addiction, plaintes déposées en amont ou pas ? Toutes les données ont été observées et analysées. Objectif : mieux comprendre les contextes dans lesquels se sont produits les passages à l'acte, pour tenter de les éviter.

L'étude retient également comme axe majeur d'action, une meilleure sensibilisation de la population aux problématiques des violences conjugales.

 

L'exposition Preuves d'amour, outil de sensibilisation

 

L'expostion de Camille Gharbi, accueillie du 8 février au 20 mars dans la Galerie du TEAT Champ Fleuri s'inscrit dans cette démarche. Robinet, briquet, coussin, ficelle de bricolage, l'artiste a photographié des objets, autant d’armes du crime dont sont victimes chaque année plus de 100 femmes dans notre pays.

 

 

Pour l'artiste : « On continue à alimenter le mythe de l’amour qui mènerait à la mise à mort de l’être aimé. Les meurtres de femmes par leur conjoint, compagnon ou ex ne sont pas des crimes passionnels mais des crimes possessionnels. La grande majorité des passages à l’acte ont lieu dans des contextes de séparation, de crise conjugale ou de jalousie amoureuse. La jalousie, la colère, la violence ne sont pas des preuves d’amour. »

En avant-première, en amont du vernissage, une classe du collège Texeira Da Motta (La Possession) et une classe du lycée Lislet Geoffroy (Saint-Denis) ont pu découvrir l'exposition et discuter avec l'artiste.

Outil puissant de médiation, l'exposition est visible jusqu'au 20 mars et d'autres enseignants ont d'ores et déjà prévu d'y amener leurs élèves.

Photos

Illustration : COPIL DRDFE