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Entretien avec LABELLE, artiste associé

Après avoir bouleversé le TÉAT Plein Air avec sa première oeuvre symphonique, Orchestre Univers, Labelle poursuit son chemin de compositeur aux confins des musiques électroniques, classiques, et contemporaines avec une création imaginée pour un quatuor à cordes. Après des résidences à La Réunion et au Centquatre à Paris, il nous donne ses impressions sur cette oeuvre qui sera, prévient-il, sa première et dernière partition pour ce type d'ensemble.

Pourquoi avoir choisi ce titre, Éclat, qui est en même temps très simple, très riche en possibilités sémantiques, et assez énigmatique ?

Comme tout musicien intéressé par la musique classique et contemporaine, je connais depuis longtemps les quatuors à cordes. Mais en travaillant avec le KW Kwatyor qui œuvre au sein de l’ORR sur Orchestre Univers, je l’ai découvert d’une manière différente, plus personnelle. En les écoutant, j’ai soudain eu des flashs, des lumières se sont allumées, et j’ai vraiment perçu la beauté de cette formation, son éclat. L’éclat au sens du joyau, du trésor, quelque chose de brillant. C’est de là que vient le titre, qui décrit bien à la fois mon envie de travailler sur cette forme, l’impression que j’aimerais retranscrire.

 

Le quatuor à cordes permet une grande palette d’ambiances et d’émotions : du contemplatif planant au suspense plus strident des staccatos en passant par le lyrisme des trémolos. A quoi faut-il s’attendre avec Éclat ?

Les pièces pour quatuor à cordes sont en général assez courtes : autour des 25-30 minutes. Éclat va sans doute plutôt approcher les 40, donc un format long, justement parce que j’ai envie de passer par toutes les nuances rendues possibles par cet ensemble. Mais je l’approche en pensant à la matière sonore plus qu’à des ambiances. Bien sûr, mon travail repose en partie sur des nappes, des émotions, des harmonies. Mais c’est le frotté des cordes qui m’intéresse, ce son si particulier qui s’en dégage. Eclat va plutôt explorer l’espace qu’il y a entre le son acoustique très naturel des instruments et une musique noise, très amplifiée et retravaillée, qui accentue ces bruits: les basses, la dynamique des frottements, les couleurs qui s’en dégagent... Ce que j’aimerais faire, c’est déplacer en permanence le curseur entre ces deux extrêmes.

 

Tu précises dès la note d’intention qu’Éclat sera ta première et dernière œuvre pour quatuor à cordes. C’est une déclaration étonnante venant d’un jeune compositeur. Pourquoi cette détermination ?

Le quatuor à cordes est un ensemble emblématique des musiques classique et contemporaine. Composer une œuvre pour quatuor est un passage obligé pour un compositeur, y compris parce que c’est très difficile. J’ai eu envie d’affronter cette contrainte parce que je sentais que j’avais des choses à exprimer. Mais je sens aussi qu’avec Éclat, j’aurai donné ma version de cette forme et dit ce que j’avais à en dire. Je pense donc que je n’y reviendrai pas – en tout cas, pas avant longtemps. Par la suite, dans mon parcours de compositeur, j’ai envie d’explorer d’autres ensembles, d’autres configurations de la musique classique et contemporaine.

 

Retrouvez Labelle en concert au TÉAT Champ Fleuri le vendredi 28 février. 

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Photos

Illustration : Labelle