Rencontre avec Gilbert Pounia à l'occasion des deux concerts événement des 12 et 13 avril

Gilbert Pounia le dit haut et fort : " On n'appartient à personne ! " Aujourd'hui, comme il y a quarante, quand naissait le groupe Ziskakan, son engagement reste intact. A l'occasion des deux concerts événements les 12 et 13 avril au TEAT Plein Air, il revient avec nous sur les temps forts qui ont marqué les débuts de sa carrière.

Rêves, inspirations, anecdotes, découverte de la musique, Gilbert Pounia nous parle des artistes qui ont compté pour lui. Il évoque également les début de Ziskakan en nous replongeant dans le contexte difficile des années 70, où son désir de liberté et son franc parler sont loin de plaire à tout le monde ! Assister à un de ses concerts pouvait alors être synonyme de subversion... Le groupe étant en majorité composé de poètes, il s’agissait en premier lieu de reconnaître la beauté de la langue créole à travers l’écriture de beaux textes. Patrice Treuthardt, Alain Péters, Bernard Payet... Toutes ces fortes personnalités ont fait de leurs écrits une arme contre la censure, omniprésente à l’époque. 

Ne plus être « bandaré » dans une société où seules les élites étaient autorisées à prendre la parole, trouver sa place et la prendre : depuis sa création en 1979, Ziskakan s'est imposé comme une figure incontournable du maloya à La Réunion, et son travail aura été essentiel pour la valorisation et la reconnaissance du patrimoine réunionnais en matière de culture.

L'occasion de rappeler, pour l'artiste, que même si les avancées sont notables et que nous sommes bien loin de la culture du silence et de l'amnésie qui régnait à l'époque, bien des combats restent d'actualité : « Les gens parlent de vivre ensemble mais jamais de “allons faire avec’’ ! Montrons leur qu’on ne vient pas par le même bateau mais qu’on construit quelque chose ensemble. »

 

Ziskakan a 40 ans ! Rencontre avec Gilbert Pounia

 

 

Photos

Illustration :  Ziskakan 40 ans