L'actu de Didier Boutiana, artiste associé

Six mois en résidence au Lazaret de la Grande Chaloupe

Dans le cadre d’un cycle de résidences initié par le Département, Didier Boutiana a conduit une longue recherche chorégraphique de six mois au Lazaret de la Grande Chaloupe. Il en a tiré une performance in situ présentée au début du mois de juin. Un travail sur les ressorts intimes des migrations qui agitent le monde, avec en ligne de mire une nouvelle création pour quatre danseurs à découvrir aux TÉAT en 2020.

 

Qu’est-ce qui t’intéressait dans l’idée d’une longue immersion au Lazaret ?

Depuis le départ, mon travail tourne autour des marges et des personnes qui les habitent. Le Lazaret, c’est un lieu de mémoire lié aux engagés, qui vivaient dans une marge sociale et culturelle. C’est, en plus, un lieu de quarantaine, qui est une marge en soi. Je trouvais donc intéressant de m’imprégner de ce lieu marqué par l’histoire.

 

Est-ce une ouverture de ta danse vers des formes plus documentaires ?

C’est vrai que j’ai travaillé jusque-là beaucoup sur des fictions, des personnages inventés. Au Lazaret, on est confronté à de vraies personnes, de vraies histoires. Pourtant mon but n’était pas de faire un documentaire, mais de créer de la présence. Il n’y a pas de traces des engagés, hormis quelques petits objets et quelques photographies. Ce que je voulais, c’était chercher une humanité derrière la documentation, habiter ce lieu.

 

Comment ce travail s’articule-t-il avec ta prochaine création, prévue pour 2020 ?

Les deux sont liés. Ma prochaine création, dont le titre provisoire est 5005, traite de la migration. J’y partagerai la scène avec trois autres danseurs venus d’Inde, de Maurice et de Madagascar. Mon envie, c’est de creuser l’intimité de ces personnes qui, à un moment de leur vie, choisissent de partir à la recherche d’une vie meilleure. C’était le cas des engagés, comme c’est le cas des Sri Lankais qui accostent aujourd’hui. Je m’interroge sur leurs envies et sur leurs rêves.

 

 

♦ du 10 au 14 juillet / Edinburg International Jazz and Blues Festival, Edinburgh, Ecosse

♦ vendredi 30 août / KANYAR, Théâtre Luc Donat, Le Tampon

♦ du 15 au 20 octobre / Stage Intensif Soul City avec 3 chorégraphes (Niveau intermédiaire / Avancé)

♦ du 11 au 23 au novembre / Résidence de recherche pour une nouvelle création, (sortie second semestre 2020), Cité des Arts, Saint-Denis

♦ du 23 au 29 décembre / Résidence de recherche pour une nouvelle création en Inde (sortie second semestre 2020)

 

Photos

Illustration : Boutiana Lazaret